vendredi 15 mai 2015

SAMBA DAVID explose: « OUATTARA EST UN BROUTEUR POLITIQUE »


Après la décision de condamnation des leaders de la LMP, les réactions ne finissent pas. Monsieur David SAMBA coordonnateur de la Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire marque son indignation face à ce qu’il qualifie de « tout sauf le droit », surtout après l’adoption du projet de loi portant modification du code électoral.


Interview réalisée par Aloka Tokou

Ø Bonjour Monsieur SAMBA, c’est une joie pour nous d’échanger avec vous sur les questions qui concernent la vie politique de la nation ivoirienne. Je rappelle que vous êtes le Coordonnateur de la Coalition des indignés de Côte d’Ivoire. Jusqu’à quel niveau êtes-vous indignés ?
Merci cher ami, s’il y a un niveau d’indignation, je crois que c’est à l’extrême. Les raisons des indignations se multiplient chaque jour. Par exemple, les témoins des assises ont été tous indignés. Donc les indignations ou les indignés, il y en a toujours en Côte d’Ivoire.
Ø Merci Monsieur Samba d’avoir déjà anticipé sur le sujet des assises ; nous nous souvenons, il y a quelques temps que vous et votre organisations avaient manifesté pour exiger un procès pour les prisonniers politiques de la crise post-électorale. Aujourd’hui, apparemment, c’est choses faite. Est-ce que la Coalition que vous dirigez est à présent moins indignés ?
Non ! Il ne s’agissait pas pour les accusés d’être devant les juges. Mais plutôt de dire le droit afin qu’ils soient condamnés s’ils sont coupables d’actes criminels. Il ne s’agissait pas, pour nous, de faire comparaître des personnes contre lesquels ils n’ont aucune preuve et les condamner par ce qu’il faut les condamner. Il s’agissait de dire le droit : « est-ce que ces personnes sont vraiment coupables. » J’ai fait deux apparitions au tribunal où j’ai surpris des personnes entrain de donner des consignes aux soit disant témoins de la crise post-électorale. Mais ces témoins là sont tout simplement achetés. « Tu témoignes contre madame Gbagbo ou contre Dogbo Blé et voilà ce qu’on te promet ». Mais ces personnes quand on leur demande quel est le nom de leur mari ou de leur frère assassiné par les prévenus, ils ne le savent pas. Ce n’est pas sérieux. Ce qui s’est passé aux assises, nous avions pensé que cela favoriserait la réconciliation mais malheureusement, nous voyons que le régime Ouattara ne veut pas de la réconciliation. Et comme il n’est pas prêt pour la vérité alors il n’ya pas eu de justice. Sinon les coupables de la crise post-électorale sont connus. On vient de nous apprendre que le tribunal militaire va ouvrir un procès pour l’assassinat de Robert Guéi. Mais en 2002, quand Robert Guéi mourait, il y a aussi eu la mort de Dagrou Loula, de Boga Doudou et plein d’autres personnes assassinées froidement à Bouaké. Il n’y a pas un Ivoirien qui soit plus important qu’un autre. Le droit est fait pour tous les citoyens.
Ø Alors au  vu de tout ce que vous venez de dire, vous confirmez que le droit n’a pas été dit à ces assises ?
Non ! Il est vraiment loin du droit. Parce qu’il n’y a pas de preuves. Quand on dit qu’elle (Mme Gbagbo) est responsable intellectuelle des meurtres de la crise post-électorale, c’est-à-dire qu’elle a dû écrire ; mais il y a des chefs de guerre qui étaient sur le terrain. Et nous avons eu à parler de certains qui sont promus préfets de région ici en Côte d’Ivoire. Et c’est M. Ouattara qui a eu à reconnaître officiellement, le 28 mars, les forces nouvelles comme les forces républicaines de Côte d’Ivoire qui ont massacré les Ivoiriens. Alors quand est-ce qu’il y aura justice pour les massacres de Duékoué, Nahibly, Guitrozon et pour tous ceux qui sont mort en Côte d’Ivoire ? A quand le procès des vieilles personnes froidement abattues à Logouatta ? A quand le procès des gens tués à Karahi ? Ce sont des villages ici en Côte d’Ivoire que les gens n’ont pas visités. Les vraies victimes existent! Pourquoi le jury doit être forcement composé en majorité des gens du nord ? Pourquoi les témoins doivent être forcement des gens du nord ? Pourquoi l’avocat qui doit défendre les victimes doit être forcement du nord ? Attendez ! Y a-t-il eu une crise identitaire en Côte d’Ivoire ? Je crois que non. Les gens ont voulu forcement que cette crise soit une crise identitaire, mais il n’y en a pas eu. Pourquoi seuls les gens du nord sont interrogés dans cette crise ? Or nous savons d’où est venue la crise post-électorale. Nous savons qu’il n’y a pas eu de guerre au nord. Mais diantre !
Mais parlant de victimes, qui sont-ils au juste selon vous ? Est-ce des personnes physiques ou l’Etat de Côte d’Ivoire dans sa globalité ?
Quand un président est élu, il prête serment conformément à l’article 39 de notre constitution, il lit le serment en jurant de protéger les droits des citoyens. Dans ces droits, il y a le droit à la vie, à la liberté d’expression et toutes sortes de droits fondamentaux. Alors quand le droit d’un citoyen est menacé, l’Etat à l’obligation de réagir. Le citoyen est mandataire de droit et l’Etat ivoirien est mandataire de devoir.  Donc il y a des personnes physiques qui ont été victimes et l’Etat ivoirien lui-même est aussi une victime. Puisque lorsqu’individuellement il y a violation de sureté cela peut conduire à la violation de sureté nationale. Donc physiquement des Ivoiriens sont morts assassinés. Ouattara a voulu que le compteur s’arrête à 3.000 morts, lui seul sait pourquoi. Puisque pendant qu’il donnait ce nombre, il y avait encore des corps dans les rues. Peut-être que le nombre correspond au FRCI qui n’ont pas répondu à l’appel. Sinon en Côte d’Ivoire, il y a eu plus de 3.000 morts. Je suis encore plus indigné quand on dit que c’est une affaire d’ethnies ; moi je dis non ! Regardez depuis que Ouattara est venu au pouvoir, on ne parle plus de rébellion en Côte d’Ivoire, ni de journée ville morte, encore moins de coup de canon par ci ou par là. C’était pour ça. Il faut  que le droit soit dit. Je crois qu’on n’est pas président pour une ethnie, ni pour une région. On est président pour toute la Côte d’Ivoire. Voilà ! Ce qui ce passe en Côte d’Ivoire, c’est tout sauf le droit. Et on ne peut pas parler de  démocratie sans parler de droit.
Nous ne pouvons pas parler de ce procès sans parler de la plus lourde des sentences. Vingt (20) ans d’emprisonnement ferme pour Mme Simonne Gbagbo. Quels sentiments ça vous donne ?
Je vais citer le grand père Bernard B. Dadié qui disait : « imaginez un jour de souffrance pour un homme dans une prison ». Comparer à vingt (20) ans d’emprisonnement pour une femme ! Pour qu’elle raison ? Parce qu’elle a été première Dame ? Ca ne se justifie pas. C’est tout sauf le droit. Ce que nous pouvons trouvez comme qualificatif à cette décision, ce n’est que la promotion de la haine. Mme Gbagbo  criminelle? Pourtant parmi tous les témoins qui ce sont succédés, personne n’a pu apporter ne serait-ce qu’une preuve matérielle contre elle.
Mais selon des témoins, elle aurait été aperçu entrain de distribuer des armes à Abobo.
Mais non ! Ces témoins n’ont pas dit qu’ils l’ont vue dans les rues d’Abobo distribuer des armes. Mais plutôt qu’ils l’aurait vue entrée dans une église de la commune pour distribuer des armes. Et comme par hasard, ces derniers se trouvaient sur un immeuble à proximité. Quand on leur a demandé comment depuis l’immeuble ils ont su qu’elle distribuait des armes dans l’église, ils ont répondu que c’est le pasteur qui leur avait rendu compte. Et qui est ce pasteur et le nom de son église ? Impossible de répondre. C’est n’importe quoi. La lutte contre l’impunité déclarée par Allassane Ouattara est dirigée contre ses opposants, la société civile et contre la stabilité de la Côte d’Ivoire. Sinon c’est tout sauf le droit.
Monsieur Samba, la sentence a été prononcée sans surprise ; aujourd’hui les Ivoiriens doivent s’attendre à quoi ?
Les Ivoiriens d’accord, mais il y a eu une crise dans la famille politique d’où vient l’ex-première Dame. J’ai été très surpris lors de mon passage au tribunal où j’ai aperçu des personnes donner des consignes aux supposés témoins (je me suis même interposé à leur témoignage) ; j’ai été surpris que tous ceux qui se battent aujourd’hui en disant je suis pro-Gbagbo, je suis Gbagbo ou rien, je suis avec Gbagbo… , il n’y avait personne. Je me demande bien si ces gens là aiment le président Laurent Gbagbo. Et comme l’Ivoirien ne connait pas encore l’importance de la société civile, et qu’il est attaché au politique, il attend le mot d’ordre d’un mouvement politique qui tarde à venir. Ces politiciens voient des traitres partout mais tous sont des traitres. J’ai pu voir sur une télévision étrangère que la condamnation n’est pas bonne pour la stabilité en Côte d’Ivoire ; mais il n’y arien eu. Or je me rappelle bien que lorsque Henry Konan Bédié, en son temps, a arrêté les leaders du RDR et les a fait jeter en prison, c’était des sittings, des marches en longueur de journée. La Côte d’Ivoire, à cette époque, n’a pas connu de stabilité. Je me demande bien si les militants de ce parti là aiment bien le président Laurent Gbagbo. Puisque c’est sa femme qui est condamnée aujourd’hui et tout le monde est content. C’est parce qu’on est content qu’on ne dit rien.
Qui ne dit rien consent
Voilà !
On parle d’une probable loi d’Amnesty que pourrait prendre le chef de l’Etat en faveur des condamnés. Est-ce que vous y croyez et quel serait son importance ?
Moi personnellement, Samba David coordonnateur de la coalition des indignés de Côte d’Ivoire, je ne crois aucun mot de ce sieur. Je ne crois pas à aucune de ses phrases. Moi je lui ai retiré ma confiance depuis longtemps parce que j’ai le droit de retirer ma confiance à quelqu’un. Il a dit lors de sa prestation de serment et je cite : « si je trahis le peuple, que le peuple me retire sa confiance ». Je fais parti du peuple de Côte d’Ivoire et je lui ai retiré ma confiance depuis longtemps.
Il vous a trahit ?
Biensûre que oui ! Il a promis 7450 milliards lors de sa campagne. Il a promis une pluie de milliards. Des Ivoiriens ont cru en lui, mais quand il est arrivé, il a endetté la Côte d’Ivoire de 7800 milliards. Quelqu’un qui promet et qui ne fait pas pendant qu’il avait encore toute son énergie, comment au soir de sa vie pourrais-je croire à une promesse de 6000 milliards faite à San-Pédro au soir de sa vie ? Pourquoi ce sieur croit que les Ivoiriens vont toujours rester dans le rêve ? Si les Ivoiriens ont été attachés, comme on le dit en Afrique, ils sont entrain de se défaire. Moi personnellement, je ne crois pas en lui. S’il voulait une Amnesty, on n’en serait pas là aujourd’hui. Si cet homme avait un côté ivoirien qui raisonne, s’il avait le sang ivoirien en lui, depuis longtemps il aurait mis fin à cette crise. Il sait qu’en prenant une loi d’Amnesty, c’est même lui qui est favorisé. Puisqu’il est lui-même chef de guerre. Nous avons encore les cassettes. Nous ne voulons plus que le sang coule en Côte d’Ivoire. Nous voulons qu’il y ait une société civile forte qui va porter les revendications sociales des populations ; une société civile qui va faire des aspirations de la population une priorité. C’est pourquoi nous appelons les Ivoiriens à nous rejoindre pour mettre fin à ce genre de pratiques en donnant le carton rouge à ces politiciens qui ne cherchent que leurs propres intérêts.
Un projet de loi portant modification du code électoral a été adopté mercredi dernier. Une attitude du gouvernement Ouattara qui indigne encore la Coalition. Le peuple est-il consentant, selon vous ?
Non ! Les Ivoiriens n’ont pas besoin d’être consulté par Ouattara dans ses prises de décision ! On n’a jamais été consulté. Je me rappelle très bien lorsque Bocassa avait été chassé du pouvoir en Centre Afrique et qu’il devrait s’exilé en Côte d’Ivoire, le président Houphouët-Boigny avait consulté les Ivoiriens avant de l’accepter. Mais aujourd’hui, quelqu’un qui a été chassé par son peuple, parce qu’il ne respectait pas le droit de l’homme dans son pays, je veux parler de Blaise Compaoré, Ouattara l’a fait entrer en Côte d’Ivoire, nourri et blanchi au frais du contribuable ivoirien. Sans que les Ivoiriens ne soient avisés. Quand les journalistes l’ont interrogé sur la question à San-Pédro, il a répondu que Blaise Compaoré était dans son pays et il pouvait y rester quand il le voulait. Voyez ! Si cet homme était pour la réconciliation ivoirienne, il saurait que le cadeau que les Ivoiriens demandent aujourd’hui, c’est la libération des prisonniers politiques et favorisé le retour des exilés. Il n’y a jamais eu d’approche pour les décisions qui se prennent sur l’avenir de la Côte d’Ivoire. Les 13 sociétés d’Etat qui, nous apprenons, vont être bientôt privatisées, les Ivoiriens ne sont pas consultés. Mais ça ne m’étonne pas. C’est la même équipe qui est là ! De 1990 à 1993, il était premier ministre et Kablan Duncan était son ministre de l’économie et des finances. Ils avaient endetté le pays (à peu près 7000 milliards). Aujourd’hui il est président et Duncan est son premier ministre et encore ministre de l’économie et des finances, ils ont encore endetté le pays à 7000 milliards. En 90, ils avaient privatisé, cette année, ils privatisent. En 90, ils avaient créé une nouvelle pièce d’identité, une carte de séjour, ils avaient augmenté les taxes de bus et des timbres postaux. Cette année, les mêmes sont encore là. Ils ont créé une nouvelle pièce d’identité, ils ont augmenté le prix des certificats de nationalité, ils ont mis fin à la fabrication des attestations d’identité, ils ont augmenté les prix des timbres postaux et de la communication. C’est des « brouteurs » politiques. Ouattara est le premier brouteur ici en Côte d’Ivoire. Il est entrain de brouter dans la poche des Ivoiriens. Et c’est le nom que je voulais que les Ivoiriens lui donnent ; un brouteur.
Quels sont les articles concernés par le projet de modification et pourquoi, selon vous ?
Oui ! Permettez que je vous sorte les articles en question. (Il sort sa tablette)
Mais je m’interroge toujours sur la raison de la modification de ces articles. Puisque c’est avec ce code électoral qu’il a été élu président de la Côte d’Ivoire. Alors pourquoi le modifier ? Il a toujours dit : « On ne change pas une équipe qui gagne ». Alors on ne change pas les règles qui font gagner. Voici les articles concernés par la modification : les articles 7, 9, 11, 15, 21, 35, 52, 56, 59, 60, 68, 80, 86, 101, 114 et 116. C’est-à-dire c’est tout le code électoral qui sera révisé. Ce n’est ce que les Ivoiriens demandent. Les ivoiriens veulent être logés. Ils veulent que l’Etat respecte ses engagements et favorise liberté d’expression. Ce que les Ivoiriens demandent, c’est la démission pure et simple de Ouattara.
Ø Attendez, Monsieur Samba vous croyez que les Ivoiriens ne veulent plus de lui ?
Je suis convaincu. Ouattara a créé la désolation dans toutes les familles
Ø Pourtant il a construit le troisième pont d’Abidjan à cela s’ajoute plusieurs projets de développement ?
Cher frère regardez le début des travaux du pont, des experts en économie ont révélé que pour réaliser un pont d’une telle envergure il faut au moins six (06) ans de constitution de dossiers. Les travaux du pont ont débuté pendant que des corps sans vie étaient encore dans les rues. C’est pour dire que les dossiers ont été montés par un gouvernement autre que celui de Ouattara. Et puis depuis l’inauguration de ce pont, avez-vous vu un seul Ivoirien s’y agripper pour se nourrir ? Il ne nourrit personne. Un pont à péage, c’est encore un business. Sinon si c’était pour désengorger Abidjan, on aurait pu l’emprunter sans dépenser un sou. Les Ivoiriens ne s’en nourrissent pas. Au contraire il participe à la cherté de la vie. Celui qui est pressé et passe par là doit payer les frais de passage. Une marchandise qui y passe doit payer. Ce qui alourdi les peines des populations à s’auto-suffire. On ne se nourrit pas de pont. On se nourrit d’emploi. Il en avait promis un millions par an, mais malheureusement. Au contraire, il n’a fait que mettre des jeunes travailleurs ivoiriens à la rue. Il a détruit le Café de Rome où travaillaient près de 200 jeunes Ivoiriens. Il a fermé la SONATT, une entreprise d’Etat. Les travailleurs, des Ivoiriens se sont retrouvés dehors. Toutes ces entreprises qu’il ferme pour donner la place à ses amis, ce sont des Ivoiriens qui y travaillaient. Les Ivoiriens en on marre et s’ils ne disent rien, cela ne traduit pas son adhésion à la forfaiture. Les quartiers précaires ont été utilisés à des fins politiques. Parce qu’en 2007, je me rappelle très bien, il y a des bidonvilles qui devaient être détruis. On disait que c’était un acte de xénophobie (puisque ces quartiers sont en majorité habités par des ressortissants CEDEAO) et de la haine tribale. Mais aujourd’hui, ils sont totalement rasés sans que personne ne parle! Où sont passés tous ces ONG de droit de l’homme aujourd’hui ? Un silence total. C’est aujourd’hui que nous comprenons que tous les discours de campagne il faut les analyser et les comprendre pour voir s’il y a un peu de vérité. Vraiment Ouattara n’était pas le candidat de la Côte d’Ivoire parce qu’il dirige sans l’avis des Ivoiriens et il est prêt encore a endeuillé le peuple. Nous sommes à sept (07) mois des élections. Qu’a-t-il à casser les petits commerces des populations. Il n’en crée même pas. Qu’on me dise une seule entreprise créé par Ouattara. Donc ce n’est pas le peuple qui désire la modification du code électoral mais il fait ce qu’il veut. S’il y avait une opposition en face de lui, elle allait l’emmené à s’expliquer sur les actes posés. Mais il n’y en a pas. C’est la société civile qui est désormais prise comme une opposition. Et cette société civile est combattue par les hommes politiques dans leur ensemble. Il roule seul. Il fait tout ce qu’il veut. Il dirige la Côte d’Ivoire avec son pied gauche.
Ø Nombreux sont les Ivoiriens qui pensent que la question sur l’éligibilité de Monsieur Ouattara demeure. Il n’a donc pas le droit à une autre candidature puisqu’en 2010, il fut candidat par décret présidentiel, un décret qui n’est plus valable, en temps normal.
Monsieur Ouattara, dans l’une de ses sorties à Korhogo, a dit aux jeunes qui avaient pris les armes : « déposez vos armes à la maison ». Vous êtes journaliste, revoyez les discours qu’il a tenus à Korhogo. C’est le temps de faire sortir ces armes. Ouattara gouverne contre l’avis des Ivoiriens. Ouattara a toujours dit qu’il est Ivoirien. Au forum de la réconciliation, il a envoyé des pièces authentiques. Il n’est donc pas concerné par l’article 35. Pourquoi le modifier ? Il a dit qu’il n’a jamais été burkinabé. Et que ses parents sont Ivoiriens. C’est un dossier que lui-même a déjà classé. Que nous cache-t-il ? Nous sommes des jeunes, que nos ainés nous laissent quelque chose de bien en héritage. Mais le mensonge, le tripatouillage, la fraude ne sont pas des choses à léguer à des jeunes comme nous. Ils ont eu une enfance et une jeunesse stable. Ils ont bénéficié des bourses étrangères. Qu’ils pensent à en faire de même pour nous. C’est pourquoi je dis à la jeunesse Ivoirienne de tourner le dos aux hommes politiques et de prendre une décision sage en venant pour qu’ensemble on puisse constituer une force vive. C’est le mercredi dernier que le code électoral est passé en conseil de ministre. Nous ne sommes pas d’accord. Et nous n’avons jamais été d’accord sur le fait que Youssouf Bakayoko soit reconduit président de la CEI. Nous avions porté plainte contre lui depuis mai 2014 pour que sa responsabilité soit dégagée dans la crise ivoirienne. Il s’agit d’une crise post-électorale et il en est le premier responsable. Mais comme c’est la justice des frères alors on oriente le fusil ailleurs. Les vrais coupables sont connus.
Ø Monsieur Samba, nous vous donnons l’occasion de conclure pour rassurer, si possible, les Ivoiriens sur l’avenir et la paix en Eburnie.
Nous sommes tous dans un bateau. Et la bataille à l’intérieur de ce bateau, ne donnera ni gagnant ni perdant mais plutôt un vainqueur et un vaincu. Le vainqueur sera la justice pour tous et le vaincu sera l’injustice. Et les Ivoiriens seront bénéficiaires du gain de cette bataille. Parce que quand on dit une justice équitable tout le monde en bénéficie ; quand on dit ce qu’on pense, ça libère. Mais quand l’histoire retient une partie des faits, c’est une histoire dangereuse et d’imposture. Nous demandons aux Ivoiriens d’opter pour la vérité et la justice. La politique de « frère » ne mène à rien. La politique de « je vais manger » ne mène à rien. Il y a  des gens qui n’ont pas d’argent mais qui ont une renommée pourtant d’autres avec leurs biens sont entrée à jamais dans l’oubliette. Si tu veux que ton nom soit marqué dans l’histoire, engage-toi dans le combat au côté de la justice. Les élections sont pour bientôt. Mais avant d’aller aux élections, il y a beaucoup de manœuvres qui se font. Ce n’est pas fait pour nous arranger. Si nous voulons que la Côte d’Ivoire soit stable, il faut instaurer avant tout un Etat de droit. Et pour qu’il y ait un Etat de droit, il faut que l’Etat de non-droit incarné par Allassane Ouattara disparaisse. Je vous demande de nous rejoindre afin de retirer notre confiance à ce sieur comme nous l’avons déjà fait, pour que la Côte d’Ivoire soit désormais stable. Ouattara est un brouteur politique qui emmène la Côte d’Ivoire à la perdition. Jeune de Côte d’Ivoire, à 30 ans, à 40 ans tu refuses de combattre pour ton pays, tu es déjà mort. Le jour Dieu te retirera le souffle, ce sera ta seconde mort. J’appelle la Côte d’Ivoire à une force non violente et je crois en l’armée de la nation ; une armée sans arme mais non sans force. Que Dieu vous bénisse pour que vive la Côte d’Ivoire ; Je vous remercie


Interview réalisée par Aloka Tokou

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