Après la
décision de condamnation des leaders de la LMP, les réactions ne finissent pas.
Monsieur David SAMBA coordonnateur de la Coalition des Indignés de Côte
d’Ivoire marque son indignation face à ce qu’il qualifie de « tout sauf le
droit », surtout après l’adoption du projet de loi portant modification du
code électoral.
Interview réalisée par Aloka Tokou
Ø Bonjour Monsieur SAMBA, c’est une joie pour nous
d’échanger avec vous sur les questions qui concernent la vie politique de la
nation ivoirienne. Je rappelle que vous êtes le Coordonnateur de la Coalition des
indignés de Côte d’Ivoire. Jusqu’à quel niveau êtes-vous indignés ?
Merci cher ami, s’il y a un niveau
d’indignation, je crois que c’est à l’extrême. Les raisons des indignations se
multiplient chaque jour. Par exemple, les témoins des assises ont été tous
indignés. Donc les indignations ou les indignés, il y en a toujours en Côte
d’Ivoire.
Ø Merci Monsieur Samba d’avoir déjà anticipé sur le sujet
des assises ; nous nous souvenons, il y a quelques temps que vous et votre
organisations avaient manifesté pour exiger un procès pour les prisonniers
politiques de la crise post-électorale. Aujourd’hui, apparemment, c’est choses
faite. Est-ce que la Coalition que vous dirigez est à présent moins
indignés ?
Non ! Il ne s’agissait pas
pour les accusés d’être devant les juges. Mais plutôt de dire le droit afin
qu’ils soient condamnés s’ils sont coupables d’actes criminels. Il ne s’agissait
pas, pour nous, de faire comparaître des personnes contre lesquels ils n’ont
aucune preuve et les condamner par ce qu’il faut les condamner. Il s’agissait
de dire le droit : « est-ce que ces personnes sont
vraiment coupables. » J’ai fait deux apparitions au tribunal où
j’ai surpris des personnes entrain de donner des consignes aux soit disant témoins de la crise post-électorale.
Mais ces témoins là sont tout simplement achetés. « Tu témoignes contre madame
Gbagbo ou contre Dogbo Blé et voilà ce qu’on te promet ». Mais ces personnes quand on leur
demande quel est le nom de leur mari ou de leur frère assassiné par les
prévenus, ils ne le savent pas. Ce n’est pas sérieux. Ce qui s’est passé aux
assises, nous avions pensé que cela favoriserait la réconciliation mais
malheureusement, nous voyons que le régime Ouattara ne veut pas de la
réconciliation. Et comme il n’est pas prêt pour la vérité alors il n’ya pas eu
de justice. Sinon les coupables de la crise post-électorale sont connus. On
vient de nous apprendre que le tribunal militaire va ouvrir un procès pour
l’assassinat de Robert Guéi. Mais en 2002, quand Robert Guéi mourait, il y a
aussi eu la mort de Dagrou Loula, de Boga Doudou et plein d’autres personnes
assassinées froidement à Bouaké. Il n’y a pas un Ivoirien qui soit plus important
qu’un autre. Le droit est fait pour tous les citoyens.
Ø Alors au vu de
tout ce que vous venez de dire, vous confirmez que le droit n’a pas été dit à
ces assises ?
Non ! Il est vraiment loin du
droit. Parce qu’il n’y a pas de preuves. Quand on dit qu’elle (Mme Gbagbo) est
responsable intellectuelle des meurtres de la crise post-électorale,
c’est-à-dire qu’elle a dû écrire ; mais il y a des chefs de guerre qui
étaient sur le terrain. Et nous avons eu à parler de certains qui sont promus
préfets de région ici en Côte d’Ivoire. Et c’est M. Ouattara qui a eu à
reconnaître officiellement, le 28 mars, les forces nouvelles comme les forces
républicaines de Côte d’Ivoire qui ont massacré les Ivoiriens. Alors quand
est-ce qu’il y aura justice pour les massacres de Duékoué, Nahibly, Guitrozon
et pour tous ceux qui sont mort en Côte d’Ivoire ? A quand le procès des
vieilles personnes froidement abattues à Logouatta ? A quand le procès des
gens tués à Karahi ? Ce sont des villages ici en Côte d’Ivoire que les
gens n’ont pas visités. Les vraies victimes existent! Pourquoi le jury doit
être forcement composé en majorité des gens du nord ? Pourquoi les témoins doivent être forcement des gens
du nord ? Pourquoi l’avocat qui doit défendre les victimes doit être forcement
du nord ? Attendez ! Y a-t-il eu une crise identitaire en Côte
d’Ivoire ? Je crois que non. Les gens ont voulu forcement que cette crise
soit une crise identitaire, mais il n’y en a pas eu. Pourquoi seuls les gens du
nord sont interrogés dans cette crise ? Or nous savons d’où est venue la
crise post-électorale. Nous savons qu’il n’y a pas eu de guerre au nord. Mais
diantre !
Mais parlant de victimes, qui sont-ils au juste selon vous ? Est-ce
des personnes physiques ou l’Etat de Côte d’Ivoire dans sa globalité ?
Quand un président est élu, il
prête serment conformément à l’article 39 de notre constitution, il lit le
serment en jurant de protéger les droits des citoyens. Dans ces droits, il y a
le droit à la vie, à la liberté d’expression et toutes sortes de droits
fondamentaux. Alors quand le droit d’un citoyen est menacé, l’Etat à
l’obligation de réagir. Le citoyen est mandataire de droit et l’Etat ivoirien
est mandataire de devoir. Donc il y a
des personnes physiques qui ont été victimes et l’Etat ivoirien lui-même est
aussi une victime. Puisque lorsqu’individuellement il y a violation de sureté
cela peut conduire à la violation de sureté nationale. Donc physiquement des
Ivoiriens sont morts assassinés. Ouattara a voulu que le compteur s’arrête à 3.000
morts, lui seul sait pourquoi. Puisque pendant qu’il donnait ce nombre, il y
avait encore des corps dans les rues. Peut-être que le nombre correspond au
FRCI qui n’ont pas répondu à l’appel. Sinon en Côte d’Ivoire, il y a eu plus de
3.000 morts. Je suis encore plus indigné quand on dit que c’est une affaire
d’ethnies ; moi je dis non ! Regardez depuis que Ouattara est venu au
pouvoir, on ne parle plus de rébellion en Côte d’Ivoire, ni de journée ville
morte, encore moins de coup de canon par ci ou par là. C’était pour ça. Il
faut que le droit soit dit. Je crois
qu’on n’est pas président pour une ethnie, ni pour une région. On est président
pour toute la Côte d’Ivoire. Voilà ! Ce qui ce passe en Côte d’Ivoire,
c’est tout sauf le droit. Et on ne peut pas parler de démocratie sans parler de droit.
Nous ne pouvons pas parler de ce procès sans parler de la plus lourde des
sentences. Vingt (20) ans d’emprisonnement ferme pour Mme Simonne Gbagbo. Quels
sentiments ça vous donne ?
Je vais citer le grand père Bernard
B. Dadié qui disait : « imaginez un jour de souffrance pour
un homme dans une prison ». Comparer à vingt (20) ans
d’emprisonnement pour une femme ! Pour qu’elle raison ? Parce qu’elle
a été première Dame ? Ca ne se justifie pas. C’est tout sauf le droit. Ce
que nous pouvons trouvez comme qualificatif à cette décision, ce n’est que la
promotion de la haine. Mme Gbagbo criminelle? Pourtant parmi tous les
témoins qui ce sont succédés, personne n’a pu apporter ne serait-ce qu’une
preuve matérielle contre elle.
Mais selon des témoins, elle aurait été aperçu entrain de distribuer des
armes à Abobo.
Mais non ! Ces témoins n’ont pas
dit qu’ils l’ont vue dans les rues d’Abobo distribuer des armes. Mais plutôt
qu’ils l’aurait vue entrée dans une église de la commune pour distribuer des
armes. Et comme par hasard, ces derniers se trouvaient sur un immeuble à
proximité. Quand on leur a demandé comment depuis l’immeuble ils ont su qu’elle
distribuait des armes dans l’église, ils ont répondu que c’est le pasteur qui
leur avait rendu compte. Et qui est ce pasteur et le nom de son église ?
Impossible de répondre. C’est n’importe quoi. La lutte contre l’impunité
déclarée par Allassane Ouattara est dirigée contre ses opposants, la société
civile et contre la stabilité de la Côte d’Ivoire. Sinon c’est tout sauf le
droit.
Monsieur Samba, la sentence a été prononcée sans surprise ;
aujourd’hui les Ivoiriens doivent s’attendre à quoi ?
Les Ivoiriens d’accord, mais il y a
eu une crise dans la famille politique d’où vient l’ex-première Dame. J’ai été
très surpris lors de mon passage au tribunal où j’ai aperçu des personnes
donner des consignes aux supposés témoins (je me suis même interposé à leur
témoignage) ; j’ai été surpris que tous ceux qui se battent aujourd’hui en
disant je suis pro-Gbagbo, je suis Gbagbo ou rien, je suis avec Gbagbo… ,
il n’y avait personne. Je me demande bien si ces gens là aiment le
président Laurent Gbagbo. Et comme l’Ivoirien ne connait pas encore
l’importance de la société civile, et qu’il est attaché au politique, il attend
le mot d’ordre d’un mouvement politique qui tarde à venir. Ces politiciens voient
des traitres partout mais tous sont des traitres. J’ai pu voir sur une
télévision étrangère que la condamnation n’est pas bonne pour la stabilité en
Côte d’Ivoire ; mais il n’y arien eu. Or je me rappelle bien que lorsque
Henry Konan Bédié, en son temps, a arrêté les leaders du RDR et les a fait
jeter en prison, c’était des sittings, des marches en longueur de journée. La
Côte d’Ivoire, à cette époque, n’a pas connu de stabilité. Je me demande bien
si les militants de ce parti là aiment bien le président Laurent Gbagbo.
Puisque c’est sa femme qui est condamnée aujourd’hui et tout le monde est
content. C’est parce qu’on est content qu’on ne dit rien.
Qui ne dit rien consent
Voilà !
On parle d’une probable loi d’Amnesty que pourrait prendre le chef de
l’Etat en faveur des condamnés. Est-ce que vous y croyez et quel serait son
importance ?
Moi personnellement, Samba David
coordonnateur de la coalition des indignés de Côte d’Ivoire, je ne crois aucun
mot de ce sieur. Je ne crois pas à aucune de ses phrases. Moi je lui ai retiré
ma confiance depuis longtemps parce que j’ai le droit de retirer ma confiance à
quelqu’un. Il a dit lors de sa prestation de serment et je cite : « si je
trahis le peuple, que le peuple me retire sa confiance ». Je fais
parti du peuple de Côte d’Ivoire et je lui ai retiré ma confiance depuis
longtemps.
Il vous a trahit ?
Biensûre que oui ! Il a promis
7450 milliards lors de sa campagne. Il a promis une pluie de milliards. Des
Ivoiriens ont cru en lui, mais quand il est arrivé, il a endetté la Côte
d’Ivoire de 7800 milliards. Quelqu’un qui promet et qui ne fait pas pendant
qu’il avait encore toute son énergie, comment au soir de sa vie pourrais-je croire
à une promesse de 6000 milliards faite à San-Pédro au soir de sa vie ? Pourquoi
ce sieur croit que les Ivoiriens vont toujours rester dans le rêve ? Si
les Ivoiriens ont été attachés, comme on le dit en Afrique, ils sont entrain de
se défaire. Moi personnellement, je ne crois pas en lui. S’il voulait une
Amnesty, on n’en serait pas là aujourd’hui. Si cet homme avait un côté ivoirien
qui raisonne, s’il avait le sang ivoirien en lui, depuis longtemps il aurait
mis fin à cette crise. Il sait qu’en prenant une loi d’Amnesty, c’est même lui
qui est favorisé. Puisqu’il est lui-même chef de guerre. Nous avons encore les
cassettes. Nous ne voulons plus que le sang coule en Côte d’Ivoire. Nous
voulons qu’il y ait une société civile forte qui va porter les revendications
sociales des populations ; une société civile qui va faire des aspirations
de la population une priorité. C’est pourquoi nous appelons les Ivoiriens à
nous rejoindre pour mettre fin à ce genre de pratiques en donnant le carton
rouge à ces politiciens qui ne cherchent que leurs propres intérêts.
Un projet de loi portant modification du code électoral a été adopté
mercredi dernier. Une attitude du gouvernement Ouattara qui indigne encore la
Coalition. Le peuple est-il consentant, selon vous ?
Non ! Les Ivoiriens n’ont pas
besoin d’être consulté par Ouattara dans ses prises de décision ! On n’a
jamais été consulté. Je me rappelle très bien lorsque Bocassa avait été chassé
du pouvoir en Centre Afrique et qu’il devrait s’exilé en Côte d’Ivoire, le
président Houphouët-Boigny avait consulté les Ivoiriens avant de l’accepter.
Mais aujourd’hui, quelqu’un qui a été chassé par son peuple, parce qu’il ne
respectait pas le droit de l’homme dans son pays, je veux parler de Blaise
Compaoré, Ouattara l’a fait entrer en Côte d’Ivoire, nourri et blanchi au frais
du contribuable ivoirien. Sans que les Ivoiriens ne soient avisés. Quand les
journalistes l’ont interrogé sur la question à San-Pédro, il a répondu que
Blaise Compaoré était dans son pays et il pouvait y rester quand il le voulait.
Voyez ! Si cet homme était pour la réconciliation ivoirienne, il saurait
que le cadeau que les Ivoiriens demandent aujourd’hui, c’est la libération des
prisonniers politiques et favorisé le retour des exilés. Il n’y a jamais eu
d’approche pour les décisions qui se prennent sur l’avenir de la Côte d’Ivoire.
Les 13 sociétés d’Etat qui, nous apprenons, vont être bientôt privatisées, les
Ivoiriens ne sont pas consultés. Mais ça ne m’étonne pas. C’est la même équipe
qui est là ! De 1990 à 1993, il était premier ministre et Kablan Duncan était
son ministre de l’économie et des finances. Ils avaient endetté le pays (à peu
près 7000 milliards). Aujourd’hui il est président et Duncan est son premier
ministre et encore ministre de l’économie et des finances, ils ont encore
endetté le pays à 7000 milliards. En 90, ils avaient privatisé, cette année,
ils privatisent. En 90, ils avaient créé une nouvelle pièce d’identité, une
carte de séjour, ils avaient augmenté les taxes de bus et des timbres postaux.
Cette année, les mêmes sont encore là. Ils ont créé une nouvelle pièce d’identité,
ils ont augmenté le prix des certificats de nationalité, ils ont mis fin à la
fabrication des attestations d’identité, ils ont augmenté les prix des timbres
postaux et de la communication. C’est des « brouteurs »
politiques. Ouattara est le premier brouteur ici en Côte d’Ivoire. Il
est entrain de brouter dans la poche
des Ivoiriens. Et c’est le nom que je voulais que les Ivoiriens lui donnent ;
un brouteur.
Quels sont les articles concernés par le projet de modification et pourquoi,
selon vous ?
Oui ! Permettez que je vous
sorte les articles en question. (Il sort sa tablette)
Mais je m’interroge toujours sur la
raison de la modification de ces articles. Puisque c’est avec ce code électoral
qu’il a été élu président de la Côte d’Ivoire. Alors pourquoi le
modifier ? Il a toujours dit : « On ne change pas une équipe qui
gagne ». Alors on ne change pas les règles qui font gagner. Voici
les articles concernés par la modification : les articles 7, 9, 11, 15,
21, 35, 52, 56, 59, 60, 68, 80, 86, 101, 114 et 116. C’est-à-dire c’est tout le
code électoral qui sera révisé. Ce n’est ce que les Ivoiriens demandent. Les
ivoiriens veulent être logés. Ils veulent que l’Etat respecte ses engagements
et favorise liberté d’expression. Ce que les Ivoiriens demandent, c’est la
démission pure et simple de Ouattara.
Ø Attendez, Monsieur Samba vous croyez que les Ivoiriens
ne veulent plus de lui ?
Je suis convaincu. Ouattara a créé
la désolation dans toutes les familles
Ø Pourtant il a construit le troisième pont d’Abidjan à
cela s’ajoute plusieurs projets de développement ?
Cher frère regardez le début des
travaux du pont, des experts en économie ont révélé que pour réaliser un pont
d’une telle envergure il faut au moins six (06) ans de constitution de dossiers.
Les travaux du pont ont débuté pendant que des corps sans vie étaient encore
dans les rues. C’est pour dire que les dossiers ont été montés par un
gouvernement autre que celui de Ouattara. Et puis depuis l’inauguration de ce
pont, avez-vous vu un seul Ivoirien s’y agripper pour se nourrir ? Il ne
nourrit personne. Un pont à péage, c’est encore un business. Sinon si c’était
pour désengorger Abidjan, on aurait pu l’emprunter sans dépenser un sou. Les
Ivoiriens ne s’en nourrissent pas. Au contraire il participe à la cherté de la
vie. Celui qui est pressé et passe par là doit payer les frais de passage. Une
marchandise qui y passe doit payer. Ce qui alourdi les peines des populations à
s’auto-suffire. On ne se nourrit pas de pont. On se nourrit d’emploi. Il en
avait promis un millions par an, mais malheureusement. Au contraire, il n’a
fait que mettre des jeunes travailleurs ivoiriens à la rue. Il a détruit le Café
de Rome où travaillaient près de 200 jeunes Ivoiriens. Il a fermé la
SONATT, une entreprise d’Etat. Les travailleurs, des Ivoiriens se sont retrouvés
dehors. Toutes ces entreprises qu’il ferme pour donner la place à ses amis, ce
sont des Ivoiriens qui y travaillaient. Les Ivoiriens en on marre et s’ils ne
disent rien, cela ne traduit pas son adhésion à la forfaiture. Les quartiers
précaires ont été utilisés à des fins politiques. Parce qu’en 2007, je me
rappelle très bien, il y a des bidonvilles qui devaient être détruis. On disait
que c’était un acte de xénophobie (puisque ces quartiers sont en majorité
habités par des ressortissants CEDEAO) et de la haine tribale. Mais
aujourd’hui, ils sont totalement rasés sans que personne ne parle! Où sont
passés tous ces ONG de droit de l’homme aujourd’hui ? Un silence total.
C’est aujourd’hui que nous comprenons que tous les discours de campagne il faut
les analyser et les comprendre pour voir s’il y a un peu de vérité. Vraiment
Ouattara n’était pas le candidat de la Côte d’Ivoire parce qu’il dirige sans
l’avis des Ivoiriens et il est prêt encore a endeuillé le peuple. Nous sommes à
sept (07) mois des élections. Qu’a-t-il à casser les petits commerces des
populations. Il n’en crée même pas. Qu’on me dise une seule entreprise créé par
Ouattara. Donc ce n’est pas le peuple qui désire la modification du code électoral
mais il fait ce qu’il veut. S’il y avait une opposition en face de lui, elle
allait l’emmené à s’expliquer sur les actes posés. Mais il n’y en a pas. C’est
la société civile qui est désormais prise comme une opposition. Et cette
société civile est combattue par les hommes politiques dans leur ensemble. Il
roule seul. Il fait tout ce qu’il veut. Il dirige la Côte d’Ivoire avec son
pied gauche.
Ø Nombreux sont les Ivoiriens qui pensent que la
question sur l’éligibilité de Monsieur Ouattara demeure. Il n’a donc pas le
droit à une autre candidature puisqu’en 2010, il fut candidat par décret
présidentiel, un décret qui n’est plus valable, en temps normal.
Monsieur Ouattara, dans l’une de
ses sorties à Korhogo, a dit aux jeunes qui avaient pris les armes :
« déposez vos armes à la maison ». Vous êtes journaliste,
revoyez les discours qu’il a tenus à Korhogo. C’est le temps de faire sortir
ces armes. Ouattara gouverne contre l’avis des Ivoiriens. Ouattara a toujours
dit qu’il est Ivoirien. Au forum de la réconciliation, il a envoyé des pièces authentiques.
Il n’est donc pas concerné par l’article 35. Pourquoi le modifier ? Il a
dit qu’il n’a jamais été burkinabé. Et que ses parents sont Ivoiriens. C’est un
dossier que lui-même a déjà classé. Que nous cache-t-il ? Nous sommes des
jeunes, que nos ainés nous laissent quelque chose de bien en héritage. Mais le
mensonge, le tripatouillage, la fraude ne sont pas des choses à léguer à des
jeunes comme nous. Ils ont eu une enfance et une jeunesse stable. Ils ont
bénéficié des bourses étrangères. Qu’ils pensent à en faire de même pour nous.
C’est pourquoi je dis à la jeunesse Ivoirienne de tourner le dos aux hommes
politiques et de prendre une décision sage en venant pour qu’ensemble on puisse
constituer une force vive. C’est le mercredi dernier que le code électoral est
passé en conseil de ministre. Nous ne sommes pas d’accord. Et nous n’avons
jamais été d’accord sur le fait que Youssouf Bakayoko soit reconduit président
de la CEI. Nous avions porté plainte contre lui depuis mai 2014 pour que sa
responsabilité soit dégagée dans la crise ivoirienne. Il s’agit d’une crise
post-électorale et il en est le premier responsable. Mais comme c’est la
justice des frères alors on oriente le fusil ailleurs. Les vrais coupables sont
connus.
Ø Monsieur Samba, nous vous donnons l’occasion de
conclure pour rassurer, si possible, les Ivoiriens sur l’avenir et la paix en
Eburnie.
Nous sommes tous dans un bateau. Et
la bataille à l’intérieur de ce bateau, ne donnera ni gagnant ni perdant mais
plutôt un vainqueur et un vaincu. Le vainqueur sera la justice pour tous et le
vaincu sera l’injustice. Et les Ivoiriens seront bénéficiaires du gain de cette
bataille. Parce que quand on dit une justice équitable tout le monde en
bénéficie ; quand on dit ce qu’on pense, ça libère. Mais quand l’histoire
retient une partie des faits, c’est une histoire dangereuse et d’imposture.
Nous demandons aux Ivoiriens d’opter pour la vérité et la justice. La politique
de « frère » ne mène à rien. La politique de « je
vais manger » ne mène à rien. Il y a des gens qui n’ont pas d’argent mais qui ont
une renommée pourtant d’autres avec leurs biens sont entrée à jamais dans
l’oubliette. Si tu veux que ton nom soit marqué dans l’histoire, engage-toi
dans le combat au côté de la justice. Les élections sont pour bientôt. Mais
avant d’aller aux élections, il y a beaucoup de manœuvres qui se font. Ce n’est
pas fait pour nous arranger. Si nous voulons que la Côte d’Ivoire soit stable,
il faut instaurer avant tout un Etat de droit. Et pour qu’il y ait un Etat de droit,
il faut que l’Etat de non-droit incarné par Allassane Ouattara disparaisse. Je
vous demande de nous rejoindre afin de retirer notre confiance à ce sieur comme
nous l’avons déjà fait, pour que la Côte d’Ivoire soit désormais stable.
Ouattara est un brouteur politique qui emmène la Côte d’Ivoire à la perdition.
Jeune de Côte d’Ivoire, à 30 ans, à 40 ans tu refuses de combattre pour ton
pays, tu es déjà mort. Le jour Dieu te retirera le souffle, ce sera ta seconde
mort. J’appelle la Côte d’Ivoire à une force non violente et je crois en
l’armée de la nation ; une armée sans arme mais non sans force. Que Dieu
vous bénisse pour que vive la Côte d’Ivoire ; Je vous remercie
Interview réalisée par Aloka Tokou
https://www.facebook.com/jean.chrisostone

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